Page 604 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 604

chargé du soin de fournir l’huile, le
              beurre et toute sorte de
              graisses. Il avait chez lui son
              magasin, où les rats et les souris
              faisaient un grand dégât.

              Le médecin juif ayant approuvé
              l’expédient proposé, sa
              femme et lui prirent le bossu, le
              portèrent sur le toit de leur
              maison, et après lui avoir passé des
              cordes sous les aisselles, Ils
              le descendirent par la cheminée dans la
              chambre du pour-
              voyeur, si doucement qu’il demeura
              planté sur ses pieds contre
              le mur, comme s’il eût été vivant.
              Lorsqu’ils le sentirent en bas,
              ils retirèrent les cordes et le
              laissèrent dans l’attitude que je
              viens de dire. Ils étaient à peine
              descendus et rentrés dans leur
              chambre, quand le pourvoyeur entra dans
              la sienne. Il revenait
              d’un festin de noces auquel il avait
              été invité ce soir-là, et il avait
              une lanterne à la main. Il fut assez
              surpris de voir, à la faveur de
              sa lumière, un homme debout dans sa
              cheminée ; mais comme
              il était naturellement courageux et
              qu’il s’imagina que c’était un
   599   600   601   602   603   604   605   606   607   608   609