Page 616 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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La sultane, ayant été réveillée par sa
              sœur, reprit ainsi la pa-
              role : Sire, pendant que le bourreau se
              préparait à pendre le tail-
              leur, le sultan de Casgar, qui ne
              pouvait se passer longtemps du
              bossu, son bouffon, ayant demandé à le
              voir, un de ses officiers
              lui dit : « Sire, le bossu dont votre
              majesté est en peine, après
              s’être enivré hier, s’échappa du
              palais, contre sa coutume, pour
              aller courir par la ville, et il s’est
              trouvé mort ce matin. On a
              conduit devant le juge de police un
              homme accusé de l’avoir tué,
              et aussitôt le juge a fait dresser une
              potence. Comme on allait
              pendre l’accusé, un homme est arrivé,
              et après celui-là un autre,
              qui s’accusent eux-mêmes et se
              déchargent l’un l’autre. Il y a
              longtemps que cela dure, et le
              lieutenant de police est actuelle-
              ment occupé à interroger un troisième
              homme qui se dit le véri-
              table assassin. »

              À ce discours, le sultan de Casgar
              envoya un huissier au lieu
              du supplice. « Allez, lui dit-il, en
              toute diligence, dire au juge de
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