Page 618 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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s’adressant à toutes les personnes qui
étaient présentes :
« Avez-vous jamais, leur dit-il, rien
entendu de plus surprenant
que ce qui vient d’arriver à l’occasion
du bossu, mon bouffon ? »
Le marchand chrétien, après s’être
prosterné jusqu’à toucher la
terre de son front, prit alors la
parole : « Puissant monarque,
dit-il, je sais une histoire plus
étonnante que celle dont on vient
de vous faire le récit ; je vais vous
la raconter si votre majesté
veut m’en donner la permission. Les
circonstances en sont telles
qu’il n’y a personne qui puisse les
entendre sans en être tou-
ché. » Le sultan lui permit de la dire,
ce qu’il fit en ces termes :
HISTOIRE QUE RACONTA LE MARCHAND
CHRÉTIEN.
« Sire, avant que je m’engage dans le
récit que votre majesté
consent que je lui fasse, je lui ferai
remarquer, s’il lui plaît, que
je n’ai pas l’honneur d’être né dans un
endroit qui relève de son
empire : je suis étranger, natif du
Caire en Égypte, Copte de na-
tion et chrétien de religion. Mon père
était courtier, et il avait

