Page 624 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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lais lui faire, et, en attendant qu’on
servît, nous commençâmes à
nous entretenir. Quand le repas fut
prêt, nous nous assîmes à
table. Dès le premier morceau je
remarquai qu’il le prit de la
main gauche, et je fus fort étonné de
voir qu’il ne se servait nul-
lement de la droite. Je ne savais ce
que j’en devais penser. « De-
puis que je connais ce marchand,
disais-je en moi-même, il m’a
toujours paru très-poli : serait-il
possible qu’il en usât ainsi par
mépris pour moi ? Par quelle raison ne
se sert-il pas de sa main
droite ? »
Le jour, qui éclairait l’appartement du
sultan des Indes, ne
permit pas à Scheherazade de continuer
cette histoire ; mais elle
en reprit la suite le lendemain, et dit
à Schahriar :
Sire, le marchand chrétien était fort
en peine de savoir
pourquoi son hôte ne mangeait que de la
main gauche : « Après
le repas, dit-il, lorsque mes gens
eurent desservi et se furent
retirés, nous nous assîmes tous deux
sur un sofa. Je présentai

