Page 629 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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sin, d’où je tirai toutes mes
              marchandises ; et retournant au be-
              zestan, je les distribuai à différents
              marchands qu’ils m’avaient
              indiqués comme les plus solvables, et
              qui me donnèrent un reçu
              en bonne forme signé par des témoins,
              sous la condition que je
              ne leur demanderais rien le premier
              mois.

              « Mes affaires ainsi disposées, je
              n’eus plus l’esprit occupé
              d’autres choses que de plaisirs. Je
              contractai amitié avec diver-
              ses personnes à peu près de mon âge qui
              avaient soin de me
              bien faire passer mon temps. Le premier
              mois s’étant écoulé, je
              commençai à voir mes marchands deux
              fois la semaine, accom-
              pagné d’un officier public pour
              examiner leurs livres de vente, et
              d’un changeur pour régler la bonté et
              la valeur des espèces qu’ils
              me comptaient ; ainsi les jours de
              recette, quand je me retirais
              au khan de Mesrour, où j’étais logé,
              j’emportais une bonne
              somme d’argent. Cela n’empêchait pas
              que les autres jours de la
              semaine je n’allasse passer la matinée
              tantôt chez un marchand
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