Page 810 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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gue allée obscure, où elle se sauva par
un détour qui lui était
connu. Bakbarah, qui la suivait
toujours, l’ayant perdue de vue
dans l’allée, fut obligé de courir
moins vite à cause le l’obscurité.
Il aperçut enfin une lumière, vers
laquelle ayant repris sa
course, il sortit par une porte qui fut
fermée sur lui aussitôt.
Imaginez-vous s’il eut lieu d’être
surpris de se trouver au milieu
d’une rue de corroyeurs. Ils ne le
furent pas moins de le voir
en chemise, les yeux peints de rouge,
sans barbe et sans mous-
tache. Ils commencèrent à frapper des
mains, à le huer, et quel-
ques-uns coururent après lui et lui
cinglèrent les fesses avec des
peaux. Ils l’arrêtèrent même, le mirent
sur un âne qu’ils ren-
contrèrent par hasard, et le
promenèrent par la ville, exposé à la
risée de toute la populace.
« Pour comble de malheur, en passant
devant la maison du
juge de police, ce magistrat voulut
savoir la cause de ce tumulte.
Les corroyeurs lui dirent qu’ils
avaient vu sortir mon frère dans

