Page 806 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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ensuite ; mais pour me faire raser,
vous voyez bien que je ne le
dois pas souffrir : comment oserais-je
paraître, après cela, sans
moustaches ? - Gardez-vous de vous
opposer à ce que l’on
exige de vous, reprit la vieille, vous
gâteriez vos affaires, qui
vont le mieux du monde. On vous aime,
on veut vous rendre
heureux ; faut-il pour une vilaine
moustache renoncer aux plus
délicieuses faveurs qu’un homme puisse
obtenir ? » Bakbarah se
rendit aux raisons de la vieille, et,
sans dire un seul mot, se lais-
sa conduire par l’esclave dans une
chambre, où on lui peignit les
sourcils de rouge. On lui rasa la
moustache, et l’on se mit en
devoir de lui raser aussi la barbe. La
docilité de mon frère ne put
aller jusque là. « Oh ! pour ce qui est
de ma barbe, s’écria-t-il, je
ne souffrirai point absolument qu’on me
la coupe. » L’esclave
lui représenta qu’il était inutile de
lui avoir ôté sa moustache,
s’il ne voulait pas consentir qu’on lui
rasât la barbe ; qu’un vi-
sage barbu ne convenait pas avec un
habillement de femme, et

