Page 783 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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m’auraient pas écouté : car ce sont des
              brutaux qui n’entendent
              point raison. J’étais avec des voleurs,
              c’était assez pour leur faire
              croire que j’en devais être un.

              « Dès que nous fûmes devant le calife,
              il ordonna le châti-
              ment de ces dix scélérats. « Qu’on
              coupe, dit-il, la tête à ces dix
              voleurs. » Aussitôt le bourreau nous
              rangea sur une file à la por-
              tée de sa main, et par bonheur je me
              trouvai le dernier. Il coupa
              la tête aux dix voleurs en commençant
              par le premier ; et quand
              il vint à moi, il s’arrêta. Le calife
              voyant que le bourreau ne me
              frappait pas, se mit en colère : « Ne
              t’ai-je pas commandé, lui
              dit-il, de couper la tête à dix voleurs
              ? pourquoi ne la coupes-tu
              qu’à neuf ? - Commandeur des croyants,
              répondit le bourreau,
              Dieu me garde de n’avoir pas exécuté
              l’ordre de votre majesté :
              voilà dix corps par terre et autant de
              têtes que j’ai coupées ; elle
              peut les faire compter. » Lorsque le
              calife eut vu lui-même que
              le bourreau disait vrai, il me regarda
              avec étonnement ; et ne me
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