Page 784 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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trouvant pas la physionomie d’un voleur
              : « Bon vieillard, me
              dit-il, par quelle aventure vous
              trouvez-vous mêlé avec des mi-
              sérables qui ont mérité mille morts ? »
              Je lui répondis : « Com-
              mandeur des croyants, je vais vous
              faire un aveu véritable : J’ai
              vu ce matin entrer dans un bateau ces
              dix personnes dont le
              châtiment vient de faire éclater la
              justice de votre majesté ; je
              me suis embarqué avec eux, persuadé que
              c’étaient des gens qui
              allaient se régaler ensemble pour
              célébrer ce jour, qui est le plus
              célèbre de notre religion. »

              « Le calife ne put s’empêcher de rire
              de mon aventure ; et,
              tout au contraire de ce jeune boiteux
              qui me traite de babillard,
              il admira ma discrétion et ma constance
              à garder le silence :
              « Commandeur des croyants, lui dis-je,
              que votre majesté ne
              s’étonne pas si je me suis tu dans une
              occasion qui aurait excité
              la démangeaison de parler à un autre.
              Je fais une profession
              particulière de me taire ; et c’est par
              cette vertu que je me suis
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