Page 787 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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et de se retirer à sa petite maison, où
il passa une fort mauvaise
nuit. Il est vrai qu’il s’en leva plus
matin, et, qu’impatient de
revoir sa maîtresse, il vola vers sa
boutique. Il ne fut pas plus
heureux que le jour précédent ; la
meunière ne parut qu’un
moment de toute la journée. Mais ce
moment acheva de le ren-
dre le plus amoureux de tous les
hommes. Le troisième jour, il
eut sujet d’être plus content que les
deux autres : la meunière
jeta les yeux sur lui par hasard, et le
surprit dans une attention à
la considérer qui lui fit connaître ce
qui se passait dans son
cœur. »
Le jour, qui paraissait, obligea
Scheherazade d’interrompre
son récit en cet endroit. Elle en
reprit le fil la nuit suivante.
Sire, le barbier continua l’histoire de
son frère aîné : « Com-
mandeur des croyants, poursuivit-il, en
parlant toujours au ca-
life Mostanser Billah, vous saurez que
la meunière n’eut pas
plus tôt pénétré les sentiments de mon
frère, qu’au lieu de s’en

