Page 788 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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fâcher elle résolut de s’en divertir.
              Elle le regarda d’un air riant ;
              mon frère la regarda de même, mais
              d’une manière si plaisante,
              que la meunière referma la fenêtre au
              plus vite, de peur de faire
              un éclat de rire qui fît connaître à
              mon frère qu’elle le trouvait
              ridicule. L’innocent Bacbouc interpréta
              cette action à son avan-
              tage, et ne manqua pas de se flatter
              qu’on l’avait vu avec plaisir.

              « La meunière prit donc la résolution
              de se réjouir de mon
              frère. Elle avait une pièce d’une assez
              belle étoffe dont il y avait
              déjà longtemps qu’elle voulait se faire
              un habit. Elle l’enveloppa
              dans un beau mouchoir de broderie de
              soie, et le lui envoya par
              une jeune esclave qu’elle avait.
              L’esclave, bien instruite, vint à la
              boutique du tailleur : « Ma maîtresse
              vous salue, lui dit-elle, et
              vous prie de lui faire un habit de la
              pièce d’étoffe que je vous
              apporte, sur le modèle de celui qu’elle
              vous envoie en même
              temps : elle change souvent d’habit, et
              c’est une pratique dont
              vous serez très-content. » Mon frère ne
              douta plus que la meu-
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