Page 803 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 803

sé. Il en rougit, et se leva pour
              s’éloigner d’une si rude joueuse.
              Alors la vieille qui l’avait amené le
              regarda d’une manière à lui
              faire connaître qu’il avait tort, et
              qu’il ne se souvenait pas de
              l’avis qu’elle lui avait donné d’avoir
              de la complaisance. Il re-
              connut sa faute, et, pour la réparer,
              il se rapprocha de la jeune
              dame en feignant qu’il ne s’en était
              pas éloigné par mauvaise
              humeur. Elle le tira par le bras, le
              fit encore asseoir près d’elle,
              et continua de lui faire mille caresses
              malicieuses. Ses esclaves,
              qui ne cherchaient qu’à la divertir, se
              mirent de la partie : l’une
              donnait au pauvre Bakbarah des nasardes
              de toute sa force,
              l’autre lui tirait les oreilles à les
              lui arracher, et d’autres enfin lui
              appliquaient des soufflets qui
              passaient la raillerie. Mon frère
              souffrait tout cela avec une patience
              admirable ; il affectait
              même un air gai, et regardant la
              vieille avec un sourire forcé :
              « Vous l’avez bien dit, disait-il, que
              je trouverais une dame toute
              bonne, tout agréable, toute charmante.
              Que je vous ai
   798   799   800   801   802   803   804   805   806   807   808