Page 671 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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elle me fit plusieurs questions : entre
              autres, elle me demanda si
              j’étais marié. Je lui répondis que non
              et que je ne l’avais jamais
              été. Alors, en donnant l’or à
              l’eunuque, elle lui dit : « Prêtez-
              nous votre entremise pour terminer
              notre affaire. » L’eunuque
              se mit à rire, et m’ayant tiré à
              l’écart me fit peser l’or. Pendant
              que je le pesais, l’eunuque me dit à
              l’oreille : « À vous voir, je
              connais parfaitement que vous aimez ma
              maîtresse, et je suis
              surpris que vous n’ayez pas la
              hardiesse de lui découvrir votre
              amour : elle vous aime encore plus que
              vous ne l’aimez. Ne
              croyez pas qu’elle ait besoin de vos
              étoffes, elle ne vient ici uni-
              quement que parce que vous lui avez
              inspiré une passion vio-
              lente. C’est à cause de cela qu’elle
              vous a demandé si vous étiez
              marié. Vous n’avez qu’à parler, il ne
              tiendra qu’à vous de
              l’épouser, si vous voulez. - Il est
              vrai, lui répondis-je, que j’ai
              senti naître de l’amour pour elle dès
              le premier moment que je
              l’ai vue, mais je n’osais aspirer au
              bonheur de lui plaire. Je suis
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