Page 667 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Je ne fus pas moins charmé de son
esprit que je l’avais été
de la beauté de son visage ; mais il
fallut enfin me priver du plai-
sir de sa conversation : je courus
chercher les étoffes qu’elle dé-
sirait, et quand elle eut choisi celles
qui lui plurent, nous en ar-
rêtâmes le prix à cinq mille drachmes
d’argent monnayé. J’en fis
un paquet que je donnai à l’eunuque,
qui le mit sous son bras.
Elle se leva ensuite et partit après
avoir pris congé de moi. Je la
conduisis des yeux jusqu’à la porte du
bezestan, et je ne cessai
de la regarder qu’elle ne fût remontée
sur sa mule.
« La dame n’eut pas plus tôt disparu,
que je m’aperçus que
l’amour m’avait fait faire une grande
faute. Il m’avait tellement
troublé l’esprit que je n’avais pas
pris garde qu’elle s’en allait
sans payer, et ne lui avais pas
seulement demandé qui elle était
ni où elle demeurait. Je fis réflexion
pourtant que j’étais redeva-
ble d’une somme considérable à
plusieurs marchands qui
n’auraient peut-être pas la patience
d’attendre. J’allai m’excuser

