Page 668 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 668

auprès d’eux le mieux qu’il me fut
              possible, en leur disant que je
              connaissais la dame. Enfin je revins
              chez moi, aussi amoureux
              qu’embarrassé d’une si grosse dette. »

              Scheherazade en cet endroit vit
              paraître le jour, cessa de
              parler. La nuit suivante elle continua
              de cette manière :

              « J’avais prié mes créanciers,
              poursuivit le marchand, de
              vouloir bien attendre huit jours pour
              recevoir leur paiement. La
              huitaine échue, ils ne manquèrent pas
              de me presser de les sa-
              tisfaire. Je les suppliai de m’accorder
              le même délai. Ils y
              consentirent ; mais dès le lendemain je
              vis arriver la dame mon-
              tée sur sa mule avec la même suite et à
              la même heure que la
              première fois.

              « Elle vint droit à ma boutique : « Je
              vous ai fait un peu at-
              tendre, me dit-elle, mais enfin je vous
              apporte l’argent des étof-
              fes que je pris l’autre jour : portez-
              le chez un changeur, qu’il
              voie s’il est de bon aloi et si le
              compte y est. » L’eunuque qui
   663   664   665   666   667   668   669   670   671   672   673