Page 669 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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avait l’argent vint avec moi chez le
              changeur, et la somme se
              trouva juste et toute de bon argent. Je
              revins et j’eus encore le
              bonheur d’entretenir la dame, jusqu’à
              ce que toutes les bouti-
              ques du bezestan furent ouvertes.
              Quoique nous ne parlassions
              que de choses très-communes, elle leur
              donnait néanmoins un
              tour qui les faisait paraître
              nouvelles, et qui me fit voir que je ne
              m’étais pas trompé, quand, dès la
              première conversation, j’avais
              jugé qu’elle avait beaucoup d esprit.

              « Lorsque les marchands furent arrivés,
              et qu’ils eurent ou-
              vert leurs boutiques, je portai ce que
              je devais à ceux chez qui
              j’avais pris des étoffes à crédit, et
              je n’eus pas de peine à obtenir
              d’eux qu’ils m’en confiassent d’autres
              que la dame m’avait de-
              mandées. J’en levai pour mille pièces
              d’or, et la dame emporta
              encore la marchandise sans la payer,
              sans me rien dire ni sans
              se faire connaître. Ce qui m’étonnait,
              c’est qu’elle ne hasardait
              rien, et que je demeurais sans caution
              et sans certitude d’être
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