Page 666 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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que la crainte d’être aperçue l’y
obligea.
« Après qu’elle se fut remise au même
état qu’auparavant,
elle me dit qu’elle cherchait plusieurs
sortes d’étoffes des plus
belles et des plus riches, qu’elle me
nomma, et elle me demanda
si j’en avais. « Hélas ! madame, lui
répondis-je, je suis un jeune
marchand qui ne fais que commencer à
m’établir. Je ne suis pas
encore assez riche pour faire un si
grand négoce, et c’est une
mortification pour moi de n’avoir rien
à vous présenter de ce
qui vous a fait venir au bezestan ;
mais, pour vous épargner la
peine d’aller de boutique en boutique,
d’abord que les mar-
chands seront venus, j’irai, si vous le
trouvez bon, prendre chez
eux tout ce que vous souhaitez : ils
m’en diront le prix au juste,
et, sans aller plus loin, vous ferez
ici vos emplettes. Elle y
consentit, et j’eus avec elle un
entretien qui dura d’autant plus
longtemps, que je lui faisais accroire
que les marchands qu’elle
demandait n’étaient pas encore arrivés.

