Page 688 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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rent-elles, que vous est-il arrivé
depuis le peu de temps que
nous vous avons quittée ? Apprenez-le-
nous, afin que nous vous
secourions. - Ôtez, s’écria-t-elle,
ôtez-moi de devant les yeux ce
vilain homme que voilà. - Hé ! madame,
lui dis-je, en quoi
puis-je avoir eu le malheur de mériter
votre colère ? - Vous êtes
un vilain, me répondit-elle en furie,
vous avez mangé de l’ail et
vous ne vous êtes pas lavé les mains !
Croyez-vous que je veuille
souffrir qu’un homme si malpropre
s’approche de moi pour
m’empester ? - Couchez-le par terre,
ajouta-t-elle en
s’adressant aux dames, et qu’on
m’apporte un nerf de bœuf. »
Elles me renversèrent aussitôt, et
tandis que les unes me te-
naient par les bras et les autres par
les pieds, ma femme, qui
avait été servie en diligence, me
frappa impitoyablement jusqu’à
ce que les forces lui manquèrent. Alors
elle dit aux dames :
« Prenez-le, qu’on l’envoie au
lieutenant de police, et qu’on lui
fasse couper la main dont il a mangé du
ragoût à l’ail. »

