Page 691 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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esclave qui venait m’apporter à manger.
Je lui demandai des
nouvelles de la dame favorite : « Elle
est malade, me dit la
vieille esclave, de l’odeur empoisonnée
que vous lui avez fait
respirer. Pourquoi aussi n’avez-vous
pas eu soin de vous laver
les mains après avoir mangé de ce
maudit ragoût à l’ail ? - Est-
il possible, dis-je alors en moi-même,
que la délicatesse de ces
dames soit si grande, et qu’elles
soient si vindicatives pour une
faute si légère ! » J’aimais cependant
ma femme malgré sa
cruauté, et je ne laissai pas de la
plaindre.
« Un jour l’esclave me dit : « Votre
épouse est guérie ; elle
est allée au bain, et elle m’a dit
qu’elle vous viendra voir demain.
Ainsi, ayez encore patience, et tâchez
de vous accommoder à
son humeur. C’est d’ailleurs une
personne très-sage, très-
raisonnable et très-chérie de toutes
les dames qui sont auprès
de Zobéide, notre respectable
maîtresse. »

