Page 689 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« À ces paroles, je m’écriai : « Grand
Dieu ! je suis rompu et
brisé de coups, et pour surcroît
d’affliction on me condamne
encore à avoir la main coupée ; et
pourquoi ? pour avoir mangé
d’un ragoût à l’ail et avoir oublié de
me laver les mains ! Quelle
colère pour un si petit sujet ! Peste
soit du ragoût à l’ail ! Mau-
dits soient le cuisinier qui l’a
apprêté et celui qui l’a servi ! »
La sultane Scheherazade, remarquant
qu’il était jour,
s’arrêta en cet endroit. Schahriar se
leva en riant de toute sa
force de la colère de la dame favorite,
et fort curieux
d’apprendre le dénouement de cette
histoire.
Le lendemain, Scheherazade, réveillée
avant le jour, reprit
ainsi le fil de son discours de la nuit
précédente : « Toutes les
dames, dit le marchand de Bagdad, qui
m’avaient vu recevoir
mille coups de nerf de bœuf, eurent
pitié de moi lorsqu’elles en-
tendirent parler de me faire couper la
main. « Notre chère sœur

