Page 690 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 690
et notre bonne dame, dirent-elles à la
favorite, vous poussez
trop loin votre ressentiment. C’est un
homme, à la vérité, qui ne
sait pas vivre, qui ignore votre rang
et les égards que vous méri-
tez ; mais nous vous supplions de ne
pas prendre garde à la
faute qu’il a commise et de la lui
pardonner. - Je ne suis pas
satisfaite, reprit-elle : je veux qu’il
apprenne à vivre et qu’il
porte des marques si sensibles de sa
malpropreté, qu’il ne
s’avisera de sa vie de manger d’un
ragoût à l’ail, sans se souvenir
ensuite de se laver les mains. » Elles
ne se rebutèrent pas de son
refus, elles se jetèrent à ses pieds,
et lui baisant la main : « No-
tre bonne dame, lui dirent-elles, au
nom de Dieu, modérez votre
colère et accordez-nous la grâce que
nous vous demandons. »
Elle ne leur répondit rien ; mais elle
se leva, et après m’avoir dit
mille injures, elle sortit de la
chambre ; toutes les dames la sui-
virent et me laissèrent seul dans une
affliction inconcevable.
« Je demeurai dix jours sans voir
personne qu’une vieille

