Page 692 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Véritablement ma femme vint le
lendemain et me dit
d’abord : « Il faut que je sois bien
bonne de venir vous revoir
après l’offense que vous m’avez faite.
Mais je ne puis me résou-
dre à me réconcilier avec vous que je
ne vous aie puni comme
vous le méritez, pour ne vous être pas
lavé les mains après avoir
mangé d’un ragoût à l’ail. » En
achevant ces mots, elle appela
des dames qui me couchèrent par terre
par son ordre, et, après
qu’elles m’eurent lié, elle prit un
rasoir et eut la barbarie de me
couper elle-même les quatre pouces. Une
des dames appliqua
d’une certaine racine pour arrêter le
sang ; mais cela n’empêcha
pas que je m’évanouisse par la quantité
que j’en avais perdue et
par le mal que j’avais souffert.
« Je revins de mon évanouissement, et
l’on me donna du
vin à boire pour me faire reprendre des
forces. « Ah ! madame,
dis-je alors à mon épouse, si jamais il
m’arrive de manger d’un
ragoût à l’ail, je vous jure qu’au lieu
d’une fois je me laverai les

