Page 694 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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l’apothicairerie du calife. Par la
vertu de ce baume admirable je
fus parfaitement guéri en peu de jours,
et nous demeurâmes
ensemble, ma femme et moi, dans la même
union que si je
n’eusse jamais mangé de ragoût à l’ail.
Mais comme j’avais tou-
jours joui de ma liberté, je m’ennuyais
fort d’être enfermé dans
le palais du calife ; néanmoins je n’en
voulais rien témoigner à
mon épouse de peur de lui déplaire.
Elle s’en aperçut ; elle ne
demandait pas mieux elle-même que d’en
sortir. La reconnais-
sance seule la retenait auprès de
Zobéide ; mais elle avait de
l’esprit, et elle représenta si bien à
sa maîtresse la contrainte où
j’étais de ne pas vivre dans la ville
avec des gens de ma condi-
tion comme j’avais toujours fait, que
cette bonne princesse aima
mieux se priver du plaisir d’avoir
auprès d’elle sa favorite, que
de ne lui pas accorder ce que nous
souhaitions tous deux égale-
ment.
« C’est pourquoi, un mois après notre
mariage, je vis para-

