Page 746 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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devant votre fenêtre lorsque vous
l’ouvrîtes pour arroser votre
vase de fleurs ? Il vit ce prodige de
beauté, ces charmes que vo-
tre miroir vous représente tous les
jours ; depuis ce moment, il
languit, et son mal s’est tellement
augmenté qu’il est enfin ré-
duit au pitoyable état que j’ai
l’honneur de vous dire. »
Scheherazade cessa de parler en cet
endroit, parce qu’elle
vit paraître le jour. La nuit suivante,
elle poursuivit en ces ter-
mes l’histoire du jeune boiteux de
Bagdad :
Sire, la vieille dame continuant de
rapporter au jeune
homme malade d’amour l’entretien
qu’elle avait eu avec la fille
du cadi : « Vous vous souvenez bien,
madame, ajoutai-je, avec
quelle rigueur vous me traitâtes
dernièrement, lorsque je voulus
vous parler de sa maladie et vous
proposer un moyen de le déli-
vrer du danger où il était. Je
retournai chez lui après vous avoir
quittée, et il ne connut pas plus tôt
en me voyant, que je ne lui

