Page 742 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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l’aimiez. C’est la plus belle et la
plus aimable dame de Bagdad ;
mais, ce qui me chagrine, elle est
très-fière et d’un très-difficile
accès. Vous savez combien nos gens de
justice sont exacts à faire
observer les dures lois qui retiennent
les femmes dans une
contrainte si gênante : ils le sont
encore davantage à les obser-
ver eux-mêmes dans leurs familles, et
le cadi que vous avez vu
est lui seul plus rigide en cela que
tous les autres ensemble.
Comme ils ne font que prêcher à leurs
filles que c’est un grand
crime de se montrer aux hommes, elles
en sont si fortement
prévenues, pour la plupart, qu’elles
n’ont des yeux dans les rues
que pour se conduire, lorsque la
nécessité les oblige à sortir. Je
ne dis pas absolument que la fille du
premier cadi soit de cette
humeur ; mais cela n’empêche pas que je
ne craigne de trouver
d’aussi grands obstacles à vaincre de
son côté que de celui de
son père. Plût à Dieu que vous
aimassiez quelque autre dame, je
n’aurais pas tant de difficultés à
surmonter que j’en prévois. J’y

