Page 752 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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vous durera le reste de vos jours ;
vous devez m’être obligé de
l’avis que je vous donne de prendre
garde à ce malheur ; je se-
rais fâché qu’il vous arrivât. »
« Jugez, mes seigneurs, du dépit que
j’eus d’être tombé en-
tre les mains d’un barbier si babillard
et si extravagant : quel
fâcheux contretemps pour un amant qui
se préparait à un ren-
dez-vous ! j’en fus choqué. « Je me
mets peu en peine, lui dis-je
en colère, de vos avis et de vos
prédictions : je ne vous ai point
appelé pour vous consulter sur
l’astrologie ; vous êtes venu ici
pour me raser : ainsi, rasez-moi ou
vous retirez, que je fasse ve-
nir un autre barbier. »
« Seigneur, me répondit-il avec un
flegme à me faire perdre
patience, quel sujet avez-vous de vous
mettre en colère ? Savez-
vous bien que tous les barbiers ne me
ressemblent pas, et que
vous n’en trouveriez pas un pareil
quand vous le feriez faire ex-
près ? Vous n’avez demandé qu’un
barbier, et vous avez en ma

