Page 757 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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une grosse demi-heure. Fatigué de
l’entendre et chagrin de voir
que le temps s’écoulait sans que j’en
fusse plus avancé, je ne sa-
vais plus que lui dire. « Non,
m’écriai-je, il n’est pas possible
qu’il y ait au monde un autre homme qui
se fasse comme vous
un plaisir de faire enrager les gens. »
La clarté du jour, qui se faisait voir
dans l’appartement de
Schahriar, obligea Scheherazade à
s’arrêter en cet endroit. Le
lendemain elle continua son récit de
cette manière :
« Je crus, dit le jeune boiteux de
Bagdad, que je réussirais
mieux en prenant le barbier par la
douceur. « Au nom de Dieu,
lui dis-je, laissez là tous vos beaux
discours, et m’expédiez
promptement ; une affaire de la
dernière importance m’appelle
hors de chez moi, comme je vous l’ai
déjà dit. » À ces mots il se
mit à rire : « Ce serait une chose bien
louable, dit-il, si notre
esprit demeurait toujours dans la même
situation, si nous étions
toujours sages et prudents : je veux
croire néanmoins que si

