Page 755 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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cabac. C’étaient des discoureurs
importuns ; mais moi qui suis
leur cadet, je suis grave et concis
dans mes discours. »
« De grâce, mes seigneurs, mettez-vous
à ma place : quel
parti pouvais-je prendre en me voyant
si cruellement assassi-
né ? « Donnez-lui trois pièces d’or,
dis-je à celui de mes esclaves
qui faisait la dépense de ma maison ;
qu’il s’en aille et me laisse
en repos ; je ne veux plus me faire
raser aujourd’hui. - Sei-
gneur, me dit alors le barbier,
qu’entendez-vous, s’il vous plaît,
par ce discours ? Ce n’est pas moi qui
suis venu vous chercher,
c’est vous qui m’avez fait venir ; et
cela étant ainsi, je jure, foi de
musulman, que je ne sortirai point de
chez vous que je ne vous
aie rasé. Si vous ne connaissez pas ce
que je vaux, ce n’est pas
ma faute. Feu monsieur votre père me
rendait plus de justice.
Toutes les fois qu’il m’envoyait quérir
pour lui tirer du sang, il
me faisait asseoir auprès de lui, et
alors c’était un charme
d’entendre les belles choses dont je
l’entretenais. Je le tenais

