Page 759 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Quand il vit que j’étais fâché tout
de bon : « Seigneur, me
dit-il, ne vous fâchez pas, nous allons
commencer. » Effective-
ment, il me lava la tête et se mit à me
raser ; mais il ne m’eut pas
donné quatre coups de rasoir, qu’il
s’arrêta pour me dire : « Sei-
gneur, vous êtes prompt ; vous devriez
vous abstenir de ces em-
portements qui ne viennent que du
démon. Je mérite d’ailleurs
que vous ayez de la considération pour
moi à cause de mon âge,
de ma science et de mes vertus
éclatantes. »
- Continuez de me raser, lui dis-je en
l’interrompant en-
core, et ne parlez plus. - C’est-à-
dire, reprit-il, que vous avez
quelque affaire qui vous presse ; je
vais parier que je ne me
trompe pas. - Et il y a deux heures,
lui repartis-je, que je vous
le dis. Vous devriez déjà m’avoir rasé.
- Modérez votre ardeur,
répliqua-t-il ; vous n’avez peut-être
pas bien pensé à ce que vous
allez faire : quand on fait les choses
avec précipitation, on s’en
repent presque toujours. Je voudrais
que vous me dissiez quelle

