Page 758 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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vous vous êtes mis en colère contre
moi, c’est votre maladie qui
a causé ce changement dans votre humeur
: c’est pourquoi vous
avez besoin de quelques instructions,
et vous ne pouvez mieux
faire que de suivre l’exemple de votre
père et de votre aïeul. Ils
venaient me consulter dans toutes leurs
affaires, et je puis dire
sans vanité qu’ils se louaient fort de
mes conseils. Voyez-vous,
seigneur, on ne réussit presque jamais
dans ce qu’on entreprend
si l’on n’a recours aux avis des
personnes éclairées : on ne de-
vient point habile homme, dit le
proverbe, qu’on ne prenne
conseil d’un habile homme ; je vous
suis tout acquis, et vous
n’avez qu’à me commander. »
- « Je ne puis donc gagner sur vous,
interrompis-je, que
vous abandonniez tous ces longs
discours, qui n’aboutissent à
rien qu’à me rompre la tête et qu’à
m’empêcher de me trouver
où j’ai affaire ? Rasez-moi donc, ou
retirez-vous. » En disant
cela, je me levai de dépit en frappant
du pied contre terre.

