Page 775 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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vous l’avais-je pas bien dit, que vous
exposiez votre vie par votre
obstination à ne vouloir pas que je
vous accompagnasse ? Voilà
ce qui vous est arrivé par votre faute
: et si de mon côté je ne
m’étais pas obstiné à vous suivre pour
voir où vous alliez, que
seriez-vous devenu ? Où allez-vous
donc, seigneur ? Attendez-
moi. »
« C’est ainsi que le malheureux barbier
parlait tout haut
dans la rue. Il ne se contentait pas
d’avoir causé un si grand
scandale dans le quartier du cadi, il
voulait encore que toute la
ville en eût connaissance. Dans la rage
où j’étais, j’avais envie de
l’attendre pour l’étrangler ; mais je
n’aurais fait par là que ren-
dre ma confusion plus éclatante. Je
pris un autre parti : comme
je m’aperçus que sa voix me livrait en
spectacle à une infinité de
gens qui paraissaient aux portes ou aux
fenêtres, ou qui
s’arrêtaient dans les rues pour me
regarder, j’entrai dans un
khan dont le concierge m’était connu.
Je le trouvai à la porte,

