Page 772 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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qu’il est dans ma maison ? et s’il y
est, comment y est-il entré,
ou qui peut l’y avoir introduit ? -
Vous ne m’en ferez point ac-
croire avec votre grande barbe, méchant
cadi, repartit le bar-
bier ; je sais bien ce que je dis.
Votre fille aime notre maître, et
lui a donné rendez-vous dans votre
maison pendant la prière du
midi ; vous en avez sans doute été
averti, vous êtes revenu chez
vous, vous l’y avez surpris, et lui
avez fait donner la bastonnade
par vos esclaves ; mais vous n’aurez
pas fait cette méchante ac-
tion impunément : le calife en sera
informé, et en fera bonne et
brève justice. Laissez-le sortir, et
nous le rendez tout à l’heure,
sinon nous allons entrer et vous
l’arracher, à votre honte. - Il
n’est pas besoin de tant parler, reprit
le cadi, ni de faire un si
grand éclat ; si ce que vous dites est
vrai, vous n’avez qu’à entrer
et qu’à le chercher, je vous en donne
la permission. » Le cadi
n’eut pas achevé ces mots, que le
barbier et mes gens se jetèrent
dans la maison comme des furieux, et se
mirent à me chercher
partout. »

