Page 770 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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rarement, et que, comme elle avait
prévu que ce contretemps
pourrait arriver, elle avait songé au
moyen de me faire sortir
sûrement ; mais l’indiscrétion du
malheureux barbier me cau-
sait une grande inquiétude, et vous
allez voir que cette inquié-
tude n’était pas sans fondement.
« Dès que le cadi fut rentré chez lui,
il donna lui-même la
bastonnade à un esclave qui l’avait
mérité. L’esclave poussait de
grands cris qu’on entendait dans la rue
; le barbier crut que
c’était moi qui criais et qu’on
maltraitait. Prévenu de cette pen-
sée, il fait des cris épouvantables,
déchire ses habits, jette de la
poussière sur sa tête, appelle au
secours tout le voisinage, qui
vient à lui aussitôt ; on lui demande
ce qu’il a, et quel secours on
peut lui donner. « Hélas ! s’écria-t-
il, on assassine mon maître,
mon cher patron ; » et, sans rien dire
davantage, il court chez
moi, en criant toujours de même, et
revient suivi de tous mes
domestiques armés de bâtons. Ils
frappent avec une fureur qui

