Page 633 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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Le marchand chrétien poursuivant son
histoire : « Quand je
vis, me dit le jeune homme, que la dame
se retirait, je sentis
bien que mon cœur s’intéressait pour
elle. Je la rappelai : « Ma-
dame, lui dis-je, faites-moi la grâce
de revenir ; peut-être trou-
verai-je le moyen de vous contenter
l’un et l’autre. » Elle revint
en me disant que c’était pour l’amour
de moi. « Seigneur Be-
dreddin, dis-je alors au marchand,
combien dites-vous que vous
voulez vendre cette étoffe qui
m’appartient ? - Onze cents
drachmes d’argent, répondit-il, je ne
puis la donner à moins. -
Livrez-la donc à cette dame, repris-je,
et qu’elle l’emporte. Je
vous donne cent drachmes de profit, et
je vais vous faire un bil-
let de la somme, à prendre sur les
autres marchandises que vous
avez à moi. Effectivement, je fis le
billet, le signai et le mis entre
les mains de Bedreddin. Ensuite,
présentant l’étoffe à la dame :
« Vous pouvez l’emporter, madame, lui
dis-je, et quant à
l’argent, vous me l’enverrez demain ou
un autre jour, ou bien je

