Page 631 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 631

luant le marchand, elle lui demanda des
              nouvelles de sa santé
              depuis le temps qu’elle ne l’avait vu.

              « Après s’être entretenue quelque temps
              avec lui de choses
              indifférentes elle lui dit qu’elle
              cherchait une certaine étoffe à
              fond d’or ; qu’elle venait à sa
              boutique comme à celle qui était la
              mieux assortie de tout le bezestan, et
              que s’il en avait, il lui ferait
              un grand plaisir de lui en montrer,
              Bedreddin lui en montra
              plusieurs pièces, à l’une desquelles
              s’étant arrêtée et lui en ayant
              demandé le prix, il la lui laissa à
              onze cents drachmes d’argent.
              « Je consens de vous en donner cette
              somme, lui dit-elle ; je n’ai
              pas d’argent sur moi, mais j’espère que
              vous voudrez bien me
              faire crédit jusqu’à demain, et me
              permettre d’emporter l’étoffe.
              Je ne manquerai pas de vous envoyer
              demain les onze cents
              drachmes dont nous convenons pour elle.
              - Madame, lui ré-
              pondit Bedreddin, je vous ferais crédit
              avec plaisir et vous lais-
              serais emporter l’étoffe si elle
              m’appartenait ; mais elle appar-
   626   627   628   629   630   631   632   633   634   635   636