Page 634 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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vous fais présent de l’étoffe, si vous
voulez. - Ce n’est pas
comme je l’entends, reprit-elle : vous
en usez avec moi d’une
manière si honnête et si obligeante,
que je serais indigne de
paraître devant les hommes si je ne
vous en témoignais pas de la
reconnaissance. Que Dieu, pour vous en
récompenser, aug-
mente vos biens, vous fasse vivre
longtemps après moi, vous
ouvre la porte des cieux, à votre mort,
et que toute la ville publie
votre générosité ! »
« Ces paroles me donnèrent de la
hardiesse. « Madame, lui
dis-je, laissez-moi voir votre visage
pour prix de vous avoir fait
plaisir : ce sera me payer avec usure.
» À ces mots, elle se re-
tourna de mon côté, ôta la mousseline
qui lui couvrait le visage,
et offrit à mes yeux une beauté
surprenante. J’en fus tellement
frappé, que je ne pus lui rien dire
pour lui exprimer ce que j’en
pensais. Je ne me serais jamais lassé
de la regarder : mais elle se
recouvrit promptement le visage, de
peur qu’on ne l’aperçût, et

