Page 630 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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et tantôt chez un autre ; je me
divertissais à m’entretenir avec
eux et à voir ce qui se passait dans le
bezestan.
« Un lundi que j’étais assis dans la
boutique d’un de ces
marchands qui se nommait Bedreddin, une
dame de condition,
comme il était aisé de le connaître à
son air, à son habillement
et par une esclave fort proprement mise
qui la suivait, entra
dans la même boutique et s’assit près
de moi. Cet extérieur,
joint à une grâce naturelle qui
paraissait en tout ce qu’elle fai-
sait, me prévint en sa faveur et me
donna une grande envie de la
mieux connaître que je ne faisais. Je
ne sais si elle ne s’aperçut
pas que je prenais plaisir à la
regarder, et si mon attention ne lui
plaisait point ; mais elle haussa le
crépon qui lui descendait sur
le visage par-dessus la mousseline qui
le cachait, et me laissa
voir de grands yeux noirs dont je fus
charmé. Enfin, elle acheva
de me rendre très-amoureux d’elle, par
le son agréable de sa
voix et par ses manières honnêtes et
gracieuses, lorsqu’en sa-

