Page 635 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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après avoir abaissé le crépon, elle
              prit la pièce d’étoffe et
              s’éloigna de la boutique, où elle me
              laissa dans un état bien dif-
              férent de celui où j’étais en y
              arrivant. Je demeurai longtemps
              dans un trouble, dans un désordre
              étrange. Avant que de quitter
              le marchand, je lui demandai s’il
              connaissait la dame. « Oui, me
              répondit-il, elle est fille d’un émir
              qui lui a laissé en mourant
              des biens immenses. »

              « Quand je fus de retour au khan de
              Mesrour, mes gens me
              servirent à souper ; mais il me fut
              impossible de manger. Je ne
              pus même fermer l’œil de toute la nuit,
              qui me parut la plus lon-
              gue de ma vie. Dès qu’il fut jour, je
              me levai dans l’espérance de
              revoir l’objet qui troublait mon repos
              : et dans le dessein de lui
              plaire, je m’habillai plus proprement
              encore que le jour précé-
              dent. Je retournai à la boutique de
              Bedreddin. »

              Mais, sire, dit Scheherazade, le jour,
              que je vois paraître,
              m’empêche de continuer mon récit. Après
              avoir dit ces paroles
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