Page 636 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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elle se tut, et la nuit suivante elle
reprit sa narration dans ces
termes :
Sire, le jeune homme de Bagdad
racontant ses aventures au
marchand chrétien : « Il n’y avait pas
longtemps, dit-il, que
j’étais arrivé à la boutique de
Bedreddin lorsque je vis venir la
dame, suivie de son esclave, et plus
magnifiquement vêtue que
le jour d’auparavant. Elle ne regarda
pas le marchand, et
s’adressant à moi seul : « Seigneur, me
dit-elle, vous voyez que
je suis exacte à tenir la parole que je
vous donnai hier. Je viens
exprès pour vous apporter la somme dont
vous voulûtes bien
répondre pour moi sans me connaître,
par une générosité que je
n’oublierai jamais. - Madame, lui
répondis-je, il n’était pas be-
soin de vous presser si fort. J’étais
sans inquiétude sur mon ar-
gent, et je suis fâché de la peine que
vous avez prise. - Il n’était
pas juste, reprit-elle, que j’abusasse
de votre honnêteté. » En
disant cela, elle me mit l’argent entre
les mains et s’assit près de
moi.

