Page 638 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« Mon cher seigneur, me dit-elle, ne
              soyez pas surpris que je
              vous aie quitté un peu brusquement. Je
              n’ai pas jugé à propos,
              devant ce marchand, de répondre
              favorablement à l’aveu que
              vous m’avez fait des sentiments que je
              vous ai inspirés. Mais,
              bien loin de m’en offenser, je confesse
              que je prenais plaisir à
              vous entendre, et je m’estime
              infiniment heureuse d’avoir pour
              amant un homme de votre mérite. Je ne
              sais quelle impression
              ma vue a pu faire d’abord sur vous ;
              mais, pour moi, je puis vous
              assurer qu’en vous voyant je me suis
              sentie de l’inclination pour
              vous. Depuis hier je n’ai fait que
              penser aux choses que vous me
              dites, et mon empressement à vous venir
              chercher si matin doit
              bien vous prouver que vous ne me
              déplaisez pas. - Madame,
              repris-je, transporté d’amour et de
              joie, je ne pouvais rien en-
              tendre de plus agréable que ce que vous
              avez la bonté de me
              dire. On ne saurait aimer avec plus de
              passion que je vous aime :
              depuis l’heureux moment que vous
              parûtes à mes yeux, ils fu-
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