Page 650 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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m’a trouvé saisi me fera passer pour un
menteur. » Ainsi, pour
éviter un double châtiment, je levai la
tête et confessai que
c’était moi. Je n’eus pas plus tôt fait
cet aveu que le lieutenant
de police, après avoir pris des
témoins, commanda qu’on me
coupât la main, et la sentence fut
exécutée sur-le-champ, ce qui
excita la pitié de tous les spectateurs
: je remarquai même sur le
visage du cavalier qu’il n’en était pas
moins touché que les au-
tres. Le lieutenant de police voulait
encore me faire couper un
pied ; mais je suppliai le cavalier de
demander ma grâce : il la
demanda et l’obtint.
« Lorsque le juge eut passé son chemin,
le cavalier
s’approcha de moi : « Je vois bien, me
dit-il en me présentant la
bourse, que c’est la nécessité qui vous
a fait faire une action si
honteuse et si indigne d’un jeune homme
aussi bien fait que
vous ; mais, tenez, voilà cette bourse
fatale, je vous la donne et
je suis très-fâché du malheur qui vous
est arrivé. » En achevant

