Page 655 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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« À mon réveil, je remarquai fort bien
              sur son visage qu’elle
              était saisie d’une vive douleur.
              Néanmoins, pour ne me pas cha-
              griner elle ne me parla de rien. Elle
              me fit servir un consommé
              de volaille qu’on m’avait préparé par
              son ordre, me fit manger et
              boire pour me donner, disait-elle, les
              forces dont j’avais besoin.
              Après cela je voulus prendre congé
              d’elle, mais me retenant par
              ma robe : « Je ne souffrirai pas, dit-
              elle, que vous sortiez d’ici.
              Quoique vous ne m’en disiez rien, je
              suis persuadée que je suis
              la cause du malheur que vous vous êtes
              attiré. La douleur que
              j’en ai ne me laissera pas vivre
              longtemps ; mais avant que je
              meure, il faut que j’exécute un dessein
              que je médite en votre
              faveur. » En disant cela, elle fit
              appeler un officier de justice et
              des témoins, et me fit dresser une
              donation de tous ses biens.
              Après qu’elle eut renvoyé tous ces gens
              satisfaits de leur peine,
              elle ouvrit un grand coffre où étaient
              toutes les bourses, dont je
              lui avais fait présent depuis le
              commencement de nos amours.
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