Page 651 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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ces paroles il me quitta, et comme
j’étais très-faible à cause du
sang que j’avais perdu, quelques
honnêtes gens du quartier eu-
rent la charité de me faire entrer chez
eux et de me faire boire
un verre de vin. Ils pansèrent aussi
mon bras et mirent ma main
dans un linge que j’emportai avec moi
attaché à ma ceinture.
« Quand je serais retourné au khan de
Mesrour dans ce
triste état, je n’y aurais pas trouvé
le secours dont j’avais besoin.
C’était aussi hasarder beaucoup que
d’aller me présenter à la
jeune dame. Elle ne voudra peut-être
plus me voir, disais-je,
lorsqu’elle aura appris mon infamie. Je
ne laissai pas néan-
moins de prendre ce parti, et afin que
le monde qui me suivait
se lassât de m’accompagner, je marchai
par plusieurs rues dé-
tournées et me rendis enfin chez la
dame, où j’arrivai si faible et
si fatigué que je me jetai sur le sofa,
le bras droit sous ma robe,
car je me gardai bien de le faire voir.
« Cependant la dame avertie de mon
arrivée et du mal que

