Page 647 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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ne doutai point qu’il n’y eût dedans de
l’or ou de l’argent.
« Quand le porteur fut passé, le
cavalier, qui avait appa-
remment quelque soupçon de ce que
j’avais fait pendant qu’il
avait la tête tournée, mit aussitôt la
main dans son sac, et, n’y
trouvant pas sa bourse, me donna un si
grand coup de sa hache
d’armes qu’il me renversa par terre.
Tous ceux qui furent té-
moins de cette violence en furent
touchés, et quelques-uns mi-
rent la main sur la bride du cheval
pour arrêter le cavalier et lui
demander pour quel sujet il m’avait
frappé ; s’il lui était permis
de maltraiter ainsi un musulman. « De
quoi vous mêlez-vous,
leur répondit-il d’un ton brusque ; je
ne l’ai pas fait sans raison :
c’est un voleur. » À ces paroles, je me
relevai, et, à mon air, cha-
cun prenant mon parti, s’écria qu’il
était un menteur, qu’il
n’était pas croyable qu’un jeune homme
tel que moi eût commis
la méchante action qu’il m’imputait ;
enfin ils soutenaient que
j’étais innocent ; et tandis qu’ils
retenaient son cheval pour fa-

