Page 652 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 652
je souffrais, vint avec empressement,
et me voyant pâle et dé-
fait : « Ma chère âme, me dit-elle,
qu’avez-vous donc ? » Je dis-
simulai : « Madame, lui répondis-je,
c’est un grand mal de tête
qui me tourmente. » Elle en parut très-
affligée : « Asseyez-vous,
reprit-elle, car je m’étais levé pour
la recevoir ; dites-moi com-
ment cela vous est venu : vous vous
portiez si bien la dernière
fois que j’eus le plaisir de vous voir
! Il y a quelque autre chose
que vous me cachez ; apprenez-moi ce
que c’est. » Comme je
gardais le silence, et qu’au lieu de
répondre, les larmes coulaient
de mes yeux : « Je ne comprends pas,
dit-elle, ce qui peut vous
affliger. Vous en aurais-je donné
quelque sujet sans y penser, et
venez-vous ici exprès pour m’annoncer
que vous ne m’aimez
plus ? - Ce n’est point cela, madame,
lui repartis-je en soupi-
rant, et un soupçon si injuste augmente
encore mon mal. »
« Je ne pouvais me résoudre à lui en
déclarer la véritable
cause. La nuit étant venue, on servit
le souper. Elle me pria de

