Page 653 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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manger ; mais, ne pouvant me servir que
de la main gauche, je
la suppliai de m’en dispenser,
m’excusant sur ce que je n’avais
nul appétit : « Vous en aurez, me dit-
elle, quand vous m’aurez
découvert ce que vous me cachez avec
tant d’opiniâtreté : votre
dégoût, sans doute, ne vient que de la
peine que vous avez à
vous y déterminer. - Hélas ! madame,
repris-je, il faudra bien
enfin que je m’y détermine. » Je n’eus
pas prononcé ces paroles
qu’elle me versa à boire, et me
présentant la tasse : « Prenez,
dit-elle, et buvez, cela vous donnera
du courage. » J’avançai
donc la main gauche et pris la tasse. »
À ces mots, Scheherazade, apercevant le
jour, cessa de par-
ler ; mais la nuit suivante elle
poursuivit son discours de cette
manière :
« Lorsque j’eus la tasse à la main, dit
le jeune homme, je re-
doublai mes pleurs et poussai de
nouveaux soupirs. « Qu’avez-
vous donc à soupirer et à pleurer si
amèrement, me dit alors la

