Page 656 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 656
« Elles sont toutes entières, me dit-
elle, je n’ai pas touché à une
seule : tenez, voilà la clef du coffre,
vous en êtes le maître. » Je
la remerciai de sa générosité et de sa
bonté. « Je compte pour
rien, reprit-elle, ce que je viens de
faire pour vous, et je ne serai
pas contente que je ne meure encore
pour vous témoigner com-
bien je vous aime. » Je la conjurai par
tout ce que l’amour a de
plus puissant d’abandonner une
résolution si funeste ; mais je
ne pus l’en détourner, et le chagrin de
me voir manchot lui cau-
sa une maladie de cinq ou six semaines
dont elle mourut.
« Après avoir regretté sa mort autant
que je le devais, je me
mis en possession de tous ses biens,
qu’elle m’avait fait connaî-
tre, et le sésame que vous avez pris la
peine de vendre pour moi
en faisait une partie. »
Scheherazade voulait continuer sa
narration, mais le jour,
qui paraissait l’en empêcha. La nuit
suivante, elle reprit ainsi le
fil de son discours :

