Page 665 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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marchands arrivassent. Je répondis à
son compliment comme je
le devais. »
Scheherazade n’en serait pas demeurée
en cet endroit, si le
jour, qu’elle vit paraître, ne lui eût
imposé silence. Le sultan des
Indes, qui souhaitait d’entendre la
suite de cette histoire, atten-
dit avec impatience la nuit suivante.
La sultane ayant été réveillée par sa
sœur Dinarzade, adres-
sa la parole au sultan : Sire, dit-
elle, le marchand continua de
cette sorte le récit qu’il avait
commencé : « La dame s’assit dans
ma boutique, et, remarquant qu’il n’y
avait personne que
l’eunuque et moi dans le bezestan, elle
se découvrit le visage
pour prendre l’air. Je n’ai jamais rien
vu de si beau : la voir et
l’aimer passionnément ce fut la même
chose pour moi. J’eus
toujours les yeux attachés sur elle. Il
me parut que mon atten-
tion ne lui était pas désagréable, car
elle me donna tout le temps
de la regarder à mon aise, et elle ne
se couvrit le visage que lors-

