Page 664 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
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débauche et négligeait le soin de ses
affaires, au lieu de recueillir
de grands biens à sa mort, j’eus besoin
de toute l’économie ima-
ginable pour acquitter les dettes qu’il
avait laissées. Je vins
pourtant à bout de les payer toutes,
et, par mes soins, ma petite
fortune commença de prendre une face
assez riante.
« Un matin que j’ouvrais ma boutique,
une dame montée
sur une mule, accompagnée d’un eunuque
et suivie de deux es-
claves, passa près de ma porte et
s’arrêta. Elle mit pied à terre à
l’aide de l’eunuque, qui lui prêta la
main et qui lui dit : « Ma-
dame, je vous l’avais bien dit que vous
veniez de trop bonne
heure ; vous voyez bien qu’il n’y a
encore personne au bezestan,
et si vous aviez voulu me croire, vous
vous seriez épargné la
peine que vous aurez d’attendre. » Elle
regarda de toutes parts,
et voyant en effet qu’il n’y avait pas
d’autres boutiques ouvertes
que la mienne, elle s’en approcha en me
saluant, et me pria de
lui permettre qu’elle s’y reposât en
attendant que les autres

