Page 679 - Les Mile et une nuits - conte orientale libre de droit, par DZWEBDATA.COM
P. 679

dans ces coffres ? dit-il à la
              favorite. - Commandeur des
              croyants, répondit-elle, ce sont des
              étoffes nouvellement arri-
              vées, que l’épouse de votre majesté a
              souhaité qu’on lui montrât.
              - Ouvrez, ouvrez, reprit le calife, je
              les veux voir aussi. » Elle
              voulut s’en excuser, en lui
              représentant que ces étoffes n’étaient
              propres que pour des dames, et que ce
              serait ôter à son épouse
              le plaisir qu’elle se faisait de les
              voir la première. « Ouvrez, vous
              dis-je, répliqua-t-il, je vous
              l’ordonne. » Elle lui remontra en-
              core que sa majesté, en l’obligeant à
              manquer de fidélité à sa
              maîtresse, l’exposait à sa colère. «
              Non, non, repartit-il, je vous
              promets qu’elle ne vous en fera aucun
              reproche : ouvrez, seule-
              ment, et ne me faites pas attendre plus
              longtemps. »

              « Il fallut obéir, et je sentis alors
              de si vives alarmes, que
              j’en frémis encore toutes les fois que
              j’y pense. Le calife s’assit,
              et la favorite fit porter devant lui
              tous les coffres l’un après
              l’autre et les ouvrit. Pour tirer les
              choses en longueur, elle lui
   674   675   676   677   678   679   680   681   682   683   684